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back Logo Multiples, éditions Tabaramounien|
Carton de l'exposition Multiples #1- éditions Tabaramounien|Photo: Claire Soubrier. Graphisme: Tabaramounien
Anne-Marie Durou, Blowzy Hair, 2011|Sérigraphie sur papiers  Curious Metallics, perle Akoya et perle fine, 300g/m2 ? 20 ex.  Chromolux Pearl nacré, 250g/m2 et cuir blanc ? 5 ex.   , éditions Multiples Tabaramounien #1
Max Boufathal, Sans Titre, 2011|Sérigraphie sur papier Pop Set Tourterelle, 240g/m2  50 x 70 cm  30 ex.
Claire Soubrier, Connect, 2011|Sérigraphie sur 30 tirages photographiques  sur papier Epson Premium Luster Photo, 250g/m2  50 x 70 cm  30 ex., éditions Multiples Tabaramounien #1
Claire Soubrier, Connect, 2011|Sérigraphie sur 30 tirages photographiques  sur papier Epson Premium Luster Photo, 250g/m2  50 x 70 cm  30 ex., éditions Multiples Tabaramounien #1
Claire Soubrier, Connect, 2011|Sérigraphie sur 30 tirages photographiques  sur papier Epson Premium Luster Photo, 250g/m2  50 x 70 cm  30 ex.
Laurent Le Deunff, Camping, 2011|Sérigraphie sur papier Pop Set Tourterelle, 240g/m2  50 x 70 cm  30 ex., éditions Multiples Tabaramounien #1
Laurent Le Deunff, Camping (détail), 2011|Sérigraphie sur papier Pop Set Tourterelle, 240g/m2  50 x 70 cm  30 ex., éditions Multiples Tabaramounien #1
Cathy Jardon, Réversibles, 2011|Sérigraphie recto/verso sur Conqueror Blanc Diamant, 320g/m2  50 x 70 cm  30 ex. avec 6 pliages différents, , éditions Multiples Tabaramounien #1
Anne Colomes, Squaring the circle, 2011|Sérigraphie sur papier Rives Tradition, 250g/m2  50 x 70 cm  30 ex, éditions Multiples Tabaramounien #1
Céline Domengie, L'Art et la Manière, 2011|Sérigraphie sur Conqueror Blanc Diamant, 320g/m  50 x 70 cm  30 ex. , éditions Multiples Tabaramounien #1

MULTIPLES #1 / BDX 

Max Boufathal, Anne Colomes, Céline Domengie, Anne-Marie Durou, Cathy Jardon, Laurent Le Deunff et Claire Soubrier.
     Vernissage vendredi 4 mars 2011 à partir de 19h30


 


Exposition du 4 mars au 9 avril 2011


Les Multiples tabaramounien sont des objets artistiques originaux, résultants d’une étroite collaboration entre les artistes et les graphistes Yasmine Madec et Damien Arnaud. Il s’agit d’espaces imprimés de 50 x 70 cm, édités en 30 exemplaires, numérotés et signés par l’artiste. Ces éditions sont pensées comme un lieu de recherche autour de la publication d’artiste et de l’oeuvre-média. Il ne s’agit pas de reproduire sur papier des oeuvres existantes, mais bien d’une création émanant d’un travail collaboratif. Avec cette première série, les éditions tabaramounien lancent leur collection «Multiples». Un série sera éditée par an : #1 / Bordeaux 2011, #2 / Nantes 2012, #3 / Roubaix 2013...


 

A l’heure d’une société qui fonctionne à tombeau-ouvert et qui utilise l’art comme autant de codes marketing, publicitaire et consorts, l’atelier Tabaramounien se lance le défi « Multiples #1 ». Redessinant les relations entre l’art et le graphiste même, le bien fondé de cette première collection – et des futures – entend provoquer les artistes les incitant à trafiquer les symboles, tordre les conventions, remodeler les formes, remettre en question leur production. Il ne s’agit pas seulement de décloisonner les disciplines et de mettre en place une énième exposition mais de bousculer la fonction du graphisme pour en libérer les conventions et arc-bouter de nouvelles perspectives de mise en image. Entendons-nous bien cependant, rien de prétentieux dans cette démarche, excepté la nécessité de remettre en question, de voyager – car l’art est à bien des égards un voyage – et de se laisser embarquer par une poignée d’artistes volontaires.


Multiples donc : c’est ouvrir la création artistique en proposant une collaboration étroite, pensée de concert, à coups d’allers-retours entre les graphistes et artistes de sorte que l’exposition puisse être considérée comme une collaboration inédite. Expérimentale donc. Unique également.


Multiples encore, pour explorer de fructueuses rencontres en créant des « espace-temps » (Gilles Deleuze), proposer au graphisme un nouveau « partage du sensible » (Jacques Rancières) mettant en lumière des symptômes de création originales. 


Réintroduire le graphisme, outil de communication visuelle par excellence, dans la sphère de l’art, permet de sinon rendre, adouber ladite discipline de lettres de noblesses en la renvoyant à la source artistique, berceau esthétique et sensible, poétique et affranchi, loin des plateaux lumineux et plaquettes publicitaires. Voilà donc que s’offre à nous l’ouverture des possibles – puisque c’est précisément à ce moment donné, dans la faille créée entre graphisme et communication, au firmament de la rencontre que l’on entrevoit le multiple ; des multiples. En décloisonnant les disciplines, forçant à la remise en question des artistes participants, le graphisme est pris à contre-pied : là où il se destine à véhiculer un message clair, net et précis, on lui offre la possibilité d’un lâcher prise.


Dans cette première collection, sept artistes, aux pratiques hétéroclites, se sont frottés aux deux graphistes Yasmine Madec et Damien Arnaud : Cathy Jardon pose à la base de sa pratique le carré et entend, par des jeux de déséquilibre, faire chuter cette même forme géométrique , libérant le carré par le carré en perturbant sa propre rigidité par des procédés tels que, comme présenté ici, la toile réversible.

Claire Soubrier, photographe, cherche à bousculer les codes de la beauté en déplaçant les apparats symboliques jet-set - maquillage, lunettes noires et vernis à ongles. Cet intérêt presque obsessionnel prend dans cette série le visage en toile de fond et le maquillage comme peinture, dans un ensemble qui brouille les identités sexuelles et sociales. Max Boufathal, bricoleur génétique et culturel, utilise l’art comme terrain d’entraînement refusant de s’engluer dans un monde « prêt à nous claquer entre les doigts » dit-il. Image pop d’une humanité enchaînée à l’oeil du big brother, Max Boufathal interroge ses racines métissées, et plus largement l’homme et son rapport au monde consumériste. Ses sculptures s’inscrivent dans la recherche d’une nouvelle mythologie contemporaine, emprunte de mythes et références ancestrales. Anne Colomes propose un espace d’expérience dans lequel dessins et vidéos oniriques donnent naissance à une géographie interne au climat général d’intemporalité. Sa proposition plastique « Squaring the circle » poursuit l’utilisation de codes graphiques transformés et recyclés dans une proposition désaxée et déjouant les règles gravitationnelles. Laurent Le Deunff souligne la précarité du vivant en créant des décalages des matériaux par rapport au sujet, où sculpture et dessin entament un perpétuel dialogue entre fond et forme. Sa série photographique présentée ici joue encore une fois avec l’incongruité et interroge, non sans humour avec « camping & bears » les rapports de l’homme à la nature. « L’art et la manière » de Céline Domengie traduit de façon tout autant métonymique que métaphorique ses recherches sur le processus de création, le comment plutôt que le pourquoi sous toutes ses coutures et dans toutes ses formes. Enfin Anne-Marie Durou révèle, par césures, des métamorphoses provoquant de nouveaux phénomènes hybrides entre volume et interstice, mécanisme et organisme, harmonie et dissonance donnant à voir de nouvelles formes de corporalité anamorphiques.


En confrontant ainsi leur pratique et leur réflexion sur l’art imprimé avec celle artistique, Yasmine Madec et Damien Arnaud inscrivent leur démarche dans une quête fructueuse ouvrant sur différentes formes de collaboration possibles et permettant par la même occasion de nouvelles lignes de fuites (graphiques et conceptuelles) pour les artistes participant à cette première série. 


A bien des égards donc on pourrait voir le projet « multiples » comme autant de déplacements, convergences et divergences, rencontres, digressions et transgressions de la forme, de la matière, de la forme sur les couleurs et des couleurs par rapport à la forme. Au message clair et compréhensible, rapide et direct se substitue un multiple trouble et ouvert, contemplatif et novateur. Il ne s’agit plus de donner la clef visuelle pour ouvrir la porte de la compréhension du message mais de proposer une boîte pleine de clefs avec, en face, autant de portes à ouvrir. Si cependant peu de place semble offerte au hasard, cela s’explique dans tout le travail en amont décidé de concert entre les graphistes et l’artiste, leur rencontre au préalable, leur collaboration artistique, esthétique et esthésique. Pause du graphisme dans une société de l’image où l’identification, la rapidité de réception et l’efficacité visuelle sont roi et reine d’une communication au présent qui avance à flux tendus, cette exposition est un souffle, une respiration, un entre-temps dans le rythme exponentiel du domaine de la publicité et de la communication.


— Cynthia Bresolin - 2011

Docteur en Art et Théorie des Arts

 

 

Télécharger le dossier de l'exposition

http://tabaramounien.com

 




 
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